Confrontées à une gestion de plus en plus lourde de leurs réseaux, les organisations peuvent avoir recours à diverses façons de se faciliter la vie et d’économiser.
Il ne s’agit plus seulement, comme autrefois, de se servir d’un utilitaire Ping en regard des routeurs et de vérifier la disponibilité des dispositifs. Englobant de nombreux cloisonnements administratifs tels les serveurs, le stockage, la sécurité, les bases de données et l’administration, la gestion de réseau exige aujourd’hui beaucoup plus.
Aussi existe-t-il des outils destinés à accomplir les tâches routinières auxquelles les administrateurs ne peuvent pas toujours se consacrer pleinement parce qu’ils doivent vaquer à des imprévus. À titre d’exemple, ces outils peuvent aider à établir des contrôles pour détecter les déséquilibres de charge susceptibles d’interrompre le service et d’affecter les performances des réseaux (comme on peut le lire dans cet article de Network World). Ils peuvent aussi servir à vérifier si les permis d’utilisation logiciels sont à jour. Contrairement à ceux des générations précédentes, les outils actuels peuvent exécuter ces routines automatiquement, sans intervention humaine.
Du reste, les difficultés et les risques relatifs à la gestion de réseau font en sorte que les organisations se tournent davantage vers l’impartition. Selon Forrester Research, 60 % d’entre elles impartiront, d’ici 2010, de larges pans de leurs responsabilités à cet égard. Une étude publiée récemment par cette firme conclut que les entreprises ayant recours à l’impartition pour la gestion des infrastructures et des applications peuvent réaliser des économies de l’ordre de 12 % à 17 % par année.
Un spécialiste de Gartner souligne certains secteurs de la gestion de réseau qu’il peut être particulièrement avantageux d’impartir : contrôle et gestion à distance, télécommunications, téléphonie IP et communications mobiles. Procurant au client un environnement évolué, la haute disponibilité, la redondance et une sécurité élevée, l’impartition évite d’avoir à investir dans des technologies en évolution constante, comme la téléphonie IP et les communications mobiles, ajoute-t-il.
Il n’est pas étonnant, dans ce cas, que le logiciel service (Software as a Service – SaaS) gagne aussi en popularité et que, selon Network World, les offres en ce sens se multiplient dans le marché : gestion des postes de travail, des actifs et des rustines, vérification des permis d’utilisation et contrôle du temps de fonctionnement, entre autres possibilités.
Économies
Par ailleurs, Gartner est d’avis que les entreprises ne devraient acheter que ce dont elles auront strictement besoin en matière de réseautique au cours des deux prochaines années, question de ne pas investir aveuglément dans des technologies changeantes. Deux analystes de cette firme ont prédit l’automne dernier que les services TI engloutiraient inutilement 100 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années dans les produits et services de réseau (voir à cet effet cet article).
À ce titre, Gartner suggère de faire appel à des outils d’optimisation des réseaux étendus (WAN) plutôt que de toujours augmenter la bande passante. De telles applications sont en mesure de réduire le trafic réseau. Selon la firme, les besoins en bande passante continueront à croître de 35 % annuellement, mais l’optimisation peut permettre à une entreprise de reporter de 3,5 ans ses investissements à cet égard. À l’heure actuelle, la bande passante paraît bon marché parce que l’on compare son coût à ceux des lignes spécialisées et des relais de trame d’il y a quelques années, mais en réalité, elle entraîne des dépenses importantes, souligne Gartner.
Autre suggestion de la firme en vue d’économiser : faire appel à une approche hybride, grâce à laquelle le trafic peut aussi transiter par Internet plutôt que sur un réseau MPLS uniquement.
Alors qu’au Royaume-Uni, une étude indique que la voix sur IP et les communications mobiles sont les deux principaux facteurs entrant dans les plans des organisations en matière de réseautique au cours des années à venir, Gartner insiste sur l’importance d’harmoniser gestion de réseau et gestion des affaires. L’instauration d’une gestion à base de règles (policy-based management) est fortement suggérée afin de traiter les besoins et les priorités – qui s’avèrent parfois conflictuels – et de mieux répartir les ressources à la grandeur de l’infrastructure.
Les économies réalisées sur la bande passante, par exemple, devraient être investies dans des technologies comme l’accélération d’applications, les communications unifiées et la voix sur Wi-Fi (ou voice over WLAN), suggère Gartner. Les efforts des organisations ne doivent pas porter sur l’amélioration du réseau, mais sur l’amélioration des affaires, conclut la firme.